Waro Waro Lodge

Le 13 mai, arrivée au Delta de l’Orénoque

cartedeltaAprès une longue et trop fraîche nuit dans le bus, nous voici enfin à proximité de Maturin. Le décor se limite pour le moment à des champs parsemés d’exploitation pétrolière.IMG_1687. IMG_1690. IMG_1694.

Difficile de croire que nous sommes sur la route qui nous mène au coeur de la jungle. L’arrivée à Maturin est relativement rapide après un premier arrêt où descendent quelques habitants. Si la ville est aussi développée que le terminal de bus, je regrette déjà de ne pas l’avoir visitée. Il est 6h30, après avoir récupéré nos sacs, nous allons nous installé au terminal des voyageurs qui se trouve en face de la station. Nous nous asseyons de sorte à voir et être vus par Jean Marie qui doit venir nous chercher pour nous conduire à San José de Bujas aux alentours de 7h30. Malheureusement je n’ai pas pris son numéro avec moi (lourde erreur) et les deux boutiques proposant l’accès à Internet sont fermées. Nous allons donc chacun notre tour faire le tour du terminal pour nous assurer que Jean Maris ne nous attend pas. Au boud d’une heure et demi, nous commençons à nous inquiéter. Fort heureusement, la boutique internet a ouvert et je parviens à noter le numéro de Jean Marie pour l’appeler, il est là, nous nous mettons en route.

Maturin se trouve à 40 mins en voiture de San José de bujas. Pas grand chose à voir sur le chemin, mais Jean Marie est antillais, nous en profitons donc pour discuter un peu. Lou et lui partage des lieux communs avec nostalgie.

L’arrivé au village est assez étrange. San José de bujas est une ville construite et dévelopée afin de permettre au peuple Warao de découvrir une autre vie que celle du delta. Les habitants nous dévisagent, nous sentons une grande curiosité dans leur yeux. Ils sont pourtant habitués aux touristes mais nous sommes hors saison… Le village est presque désert.IMG-20130514-00311.

Les enfants y apprennent le waro en premier lieu, puis l’espagnol. Ainsi, celui qui désirerait changer de vie peut le faire sans mal. De nombreuses structures ont été mises en place pour les aider. Nous apprendrons plus tard que Hugo Chavez est le premier homme au pouvoir, de toute l’histoire du Vénézuela, a s’être occupé des indigènes. Vous comprendrez pourquoi ils se disent tous 100% Chavez. San José de bujas tient son nom des colombs: san José pour Joseph, père de Jésus et bujas qui signifie pagne. En effet, à leur arrivée les colombs ont rencontré les indigènes vêtus de pagne… relativement léger pour le choix du nom d’une ville mais ils ont eu le mérite de reconnaître les premiers habitants de ces lieux. Les warao constituent la 2ème plus importante communauté des 27 tribues indigènes  connues au Vénézuela. Ils occupent tout le Delta de l’Orénoque et sont approximativement 50 000 individus, soit à peu près 1 hab./km2. Christophe, le propriétaire français du camps, arrive en voiture, ils nous explique qu’il doit charger le bateau de provision avant de partir. Peu de temps après nous embarquons pour découvrir le Delta et le Waro Waro lodge.

IMG-20130514-00312. IMG-20130514-00313. IMG_1718. Sur le chemin, l’Orénoque est chargé de plante aquatique appelé les jacynthe d’eau. A première vue c’est plutôt agréable mais les racines embourbent rapidement les hélisses du moteur du bateau. Lorsque les jacynthe couvrent une longue distance, elles peuvent vous faire prendre plusieurs heures.IMG_1714. IMG_1709.L’arrivée au camps est un soulagement et une très agréble surprise. Après avoir séjourné dans plusieurs éco lodges nous n’avons plus peur de rien, mais découvrir ce lieu si bien aménagé nous laisse penser qu’une semaine ne suffira pas.IMG_1721. IMG_1727. IMG_1729.Les cannes pour pêcher le piranhia.IMG_1732. IMG_1730.

Le commité d’accueil est lui aussi assez extraordinaire puisqu’après les avoir tant chercher dans les caraïbes, nous rencontrons Waki, le perroquet de Christophe.IMG_1723. IMG_1735.

Christophe nous propose de prendre une cabane plutôt qu’un hamac car nous sommes les seuls clients. Nous acceptons très volontiers, pour une semaine ce sera bien plus confortable. Après le déjeuner, nous prenons le bateau pour une promenade, peut être même une baignade. Christophe nous explique qu’il faut remettre les barrages (des troncs attachés l’un à l’autre par une corde) en place pour éviter que les jacynthe ne bloquent l’accès au delta. Cette organisation minutieuse est entretenue par tous les habitants afin de pouvoir circuler facilement.

IMG_1740.IMG_1745.IMG_1744.

Le delta est approvisionné par l’eau de la mer, ainsi il est lui aussi réglé par les marées. Elles ont lieux deux fois par jour à heure relativement fixe:

  • 8h, marée haute
  • 14h, marée basse
  • 20h, marée haute
  • 2h, marée basse

Le niveau de l’eau peut ainsi descendre d’1m20 en quelques heures. Les Warao, ne circulant qu’en conoë, se déplacent exclusivement en fonction des marées pour rendre l’exercice plus facile. D’autant plus que certains bras de la rivière ne sont pas navigables en marée basse.

IMG_1749. Pour la première fois de notre vie, nous surprenons un toucan, un vrai, dans son milieu naturel. Merci encore pour l’appareil photo sans lequel cette photo n’aurait jamais permis de le voir de si près.IMG_1757. IMG_1761. Après une petite baignade, nous rencontrons le chammam des environs et son plus jeune fils. Contrairement aux autres membres de sa famille, il parle assez espagnol pour pouvoir échanger avec le monde extérieur. Dans la famille du chammam, les garçons apprennent la chasse, la pêche et la cueillette des plantes médicinales, les filles apprennent la cuisine et l’artisanat.IMG_1771. IMG_1772.Le chammam nous propose de venir déguster des larves de scarabée le lendemain. Un met délicieux pour les warao car ils n’en trouvent que très peu dans l’année. Nous dégustons un petit cocktail en observant un incroyable coucher de soleil.IMG_1760.IMG_1769.

Nous rentrons au camps pour le dîner. Notre arrivée est accueillie par des lampes à pétrol, seul moyen ici de s’éclairer. Le générateur ne fonctionne que pour faire tourner la pompe à eau si la pluie venait à manquer.

IMG_1777. Nous faisons la rencontre du couple d’amazone qui vit dans le camps.IMG_1786. Puis nous allons nous coucher.IMG_1789.

Le 14 mai, la découverte

Réveillés très tôt par les singes hurleurs, nous nous préparons pour aller à la rencontre de la nature avec Christophe avant qu’il ne nous quitte afin de nous confier à notre guide. Nous apercevons les amazones vus la veille sous la table.IMG_1806.Nous faisons connaissance avec une autre espèce d’oiseau qui a pour habitude d’installer leur nid près de l’homme, pour plus de protection. L’arbre qui se trouve au bout de la terrasse est particulièrement chargé.IMG_1812.Christophe nous explique que ce qui fait la particularité de cette espèce : la femmelle fait le nid sous le regard du mâle, une fois terminé IL s’assure que le nid est assez solide, si ce n’est pas le cas il le détruit et elle doit tout recommencer. Particulièrment primitif, n’est-ce pas?

IMG_1815.Après le petit déjeuner, arepas évidemment, que nous partageons avec notre nouvel ami, nous embarquons pour découvrir le bras de la rivière qui se trouve à droite du camps.

IMG_1798.IMG_1810.

La première chose qui attire mon attention est la fleur de cacao d’eau.IMG_1816. Après une demi heure de balade, nous rencontrons un  groupe d’oiseau dit pré historique compte tenu de leur crète et des griffes qu’ils ont à la naissance.IMG_1824.Un peu plus loin, une famille de singe appelé cappucino (à ne pas confondre avec les capucins) prend son petit déjeuner.IMG_1825. IMG_1820. IMG_1829. IMG_1831.Sur le bateu aussi, la nature est présente puisqu’une chenille urticante a embarqué.IMG_1833.Nous rencontrons une autre famille de singe dont deux membres sont très curieux de notre présence.IMG_1835. IMG_1837. IMG_1839. IMG_1840. IMG_1841.Heureux de toutes ces découvertes, nous rentrons pour déjeuner et nous reposer en attendant notre guide.IMG_1843. Waki sait réclamer des caresses.IMG_1847.Il sait aussi très bien prendre la pose.

L’arrivée de notre guide Angel a marqué la véritable immersion chez les warao, tant et si bien que l’après midi même nous étions chez le chammam pour goûter les larves de scarabée cuites au feu de bois…

S1030659Les larves de scarabée se trouvent dans le tronc d’un palmier appelé ici Moriché, ce qui signifie le palmier de la vie. Les warao utilise les feuilles sèches pour construite le toit de leur maison, font du jus avec les fruit, font de l’artisanat avec le coeur de l’arbre (notamment des hamacs, des paniers, des plateaux…), mangent les larves de scarabée.IMG_1863.

220px-Gusanoset une soupe de poisson très particulier qui vit dans la jungle et non dans la rivière, qui n’apparaissent qu’au début de la saison des pluies. On ne croirait pas comme ça mais en plus d’être comestible, le gout est très fin et plutôt agréable. Corydoras_sp_Black_02_800imgresLe tout arrosé d’un savoureux jus de fruit de palme.IMG_1861.

Nous profitons encore une fois du coucher de soleil.IMG_1852. IMG_1855.José, notre capitaine.

Le 15 mai, l’immersion

Afin de nous sensibiliser davantage avec la vie dans le delta, nous partons à la pêche. A priori nous ne devrions avoir aucun mal à rapporter quelques piranhia. Lou a la main chanceuse, il en atrappe plusieurs dont le premier.

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Malheureusement, ils sont trop petits pour être mangés, nous les relachons et tentons notre chance dans l’après midi dans l’espoir de trouver une autre espèce plus dodue.

Voilà qui est fait, nous avons de quoi dîner.
IMG_1867. IMG_1870. IMG_1872. IMG_1875. IMG_1876. Retour de pêche, José vide et nettoie les poissons. Il extrait les dents des deux plus gros afin de nous en faire des souvenirs.IMG_1884. IMG_1889. Ramon est au fourneau, sans savoir que nous allions apporter du poisson, il a préparer du poulet.IMG_1890. IMG_1894. Et hop, poisson frit! Très très très bon mais plein d’arêtes.IMG_1895.Le 17 Mai, vivre Warao

Angel, notre guide nous conduit dans la forêt pour découvrir quelques une des plantes utilisées par les waraos. Nous découvrons un arbre qui lorsqu’on le coupe et qu’on le penche, permet de boire l’eau qui s’en écoule. Incroyable, cette eau est naturellement filtrée et n’a aucun goût. Nous découvrons le mamouré, une liane qui permet de fixer le bois du toit aux feuilles de Moriché. Nous découvrons le Témiché, un autre palmier qui produit des fruits proches de la noix de coco, qui permet de boire en cas de besoin. Bottes de pluie obligatoire pour cette visite!IMG_1946.Nous croisons quelques tortuesqui bronzent sur les troncs d’arbre.images

Nous cueillons un cacao d’eau et observons un autre groupe d’oiseau pré historique.IMG_1902. IMG_1905. IMG_1897.

Dans l’après midi, nous rendons visite à une famille qui vit de l’artisanat. Dans ce but, Angel grimpe à un arbre pour nous faire une démonstration en direct avec la famille.IMG_1911. J’ai tenté d’apprendre comme toute femme warao, mais je n’y suis jamais parvenue, je pense qu’il faut le coup de main.IMG_1912. IMG_1913. Voilà les petites cordes permettant la fabrications des hamacs, des paniers, des plateaux, des bijous,…IMG_1915 IMG_1923.Cette famille a une impressionnant collection d’oiseau, dont ce couple de tout jeunes perroquets.IMG_1920.Par chance, l’un des hommes de la famille travaille sur son nouveau canoë. Il est assez rare d’en voir à cet état de conception, Lou est ravi.IMG_1924. IMG_1925. IMG_1932. En revenant, nous passons derrière notre cabane.IMG_1903. Nous dinons et allons nous coucher.

Le 18 Mai, survivre dans le delta.

Après un petit déjeuner en bateau, Angel approfondie notre connaissance des arbres et nous enseigne comment faire du feu. IMG_1940. IMG_1953. IMG_1951. IMG_1945. IMG_1964. IMG_1962. IMG_1968.

Vous voilà prêts à vivre dans le delta. Je vous laisse découvrir une dernière fois les lieux en espérant vous transmettre le bonheur que nous y avons vécu.IMG_1956. IMG_1969. IMG_1971. IMG_1864. IMG_1851.IMG_1973. IMG_1977.

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